Dans la nuit du 24 au 25 mars 2025, une attaque d’une violence inouïe a endeuillé le Cameroun. Douze militaires des Forces de Défense et de Sécurité camerounaises ont été sauvagement abattus par des terroristes de Boko Haram à Wulgo, localité nigériane frontalière du Cameroun. Les assaillants, lourdement armés et soutenus par des réseaux criminels transnationaux, ont pris d’assaut le poste mixte de la Force Multinationale Mixte (FMM), plongeant la nation dans l’effroi. C’était une nuit d’horreur et de sacrifice. Cette attaque sanglante rappelle la menace permanente que représente le terrorisme dans la région du Bassin du Lac Tchad.
Alors que la ville dormait, la localité de Wulgo, nichée à la frontière entre le Cameroun et le Nigeria, a été le théâtre d’un carnage dans la nuit du 24 au 25 mars 2025. Une horde de terroristes, lourdement armés et déterminés, a pris d’assaut le poste avancé de la Force Multinationale Mixte (FMM), réduisant en cendres des véhicules tactiques et s’emparant d’armes. Les combats, acharnés, ont duré des heures sous un ciel sans lune.
Au petit matin, le bilan était macabre : 12 militaires camerounais tués, leurs corps rapatriés à l’hôpital militaire de Maroua, une dizaine de blessés évacués à Ndjamena dans un état critique. Parmi les victimes, des jeunes caporaux, un adjudant-chef, un sergent – tous tombés en défendant le territoire. Leurs noms sont désormais gravés dans la mémoire nationale : Hamboa Beloko Hervé, Tsopbeng Jeugue, Ongolo Rigobert… Des pères, des frères, des fils, sacrifiés sur l’autel d’une guerre sans fin. Face à cette attaque, les forces camerounaises ont riposté avec courage, neutralisant plusieurs assaillants. Cette tragédie révèle la recrudescence des incursions terroristes dans la région.
Le droit à la vie bafoué
Cette attaque barbare constitue une violation grave des droits humains, notamment du droit à la vie garanti par l’article 6 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP). Les militaires, chargés de protéger la population, ont été victimes d’une violence extrême qui bafoue les principes fondamentaux du droit international. De plus, la destruction de la base et l’assassinat ciblé de soldats illustrent l’ampleur des crimes de guerre perpétrés par Boko Haram dans la région.
Dans un communiqué, le Ministère de la Défense camerounais a détaillé l’attaque et ses conséquences. Il évoque une « macabre expédition » perpétrée par des jihadistes lourdement armés, soulignant que ces derniers disposaient d’un « armement de pointe, fruit de l’alliance avec les entités criminelles transnationales ». Le Mindef affirme que des « opérations de recherche sont menées jusqu’à leur dernier retranchement » pour traquer les assaillants et rétablir la sécurité dans la région.
Une onde de choc dans la classe politique
Cette attaque a suscité de vives réactions au sein de la classe politique camerounaise. Maurice Kamto, leader de l’opposition et président du MRC, a dénoncé un problème de gestion au sein du haut commandement militaire : « La recrudescence de ces attaques mortelles des éléments armés de la secte Boko Haram contre nos populations dans la Région de l’Extrême-Nord et même contre nos postes avancés doit préoccuper le haut commandement militaire». Selon lui, «Ces attaques, menées avec une facilité déconcertante, laissent penser qu’il y a d’importants problèmes de management dans l’Armée». D’où sa recommandation : « Le Gouvernement doit se pencher en urgence sur ces problèmes qui mettent en danger la sécurité de nos militaires dans l’accomplissement de leur mission patriotique».
De son côté, Cabral Libii a exprimé sa profonde douleur et son soutien aux familles endeuillées : « Je salue la mémoire des Lions de la défense tombés par dizaines suite à une attaque des terroristes de Boko Haram dans la base militaire de Wulgo. Chaque fois qu’un militaire meurt pour ma patrie, j’ai le cœur meurtri. »
La légende du football camerounais Samuel Eto’o a également rendu hommage aux soldats tombés : « Notre pays en deuil… 11 de nos braves et courageux soldats ont perdu la vie à Wulgo dans l’Extrême-Nord, contre Boko Haram. Ces 11 patriotes tombés sur le champ de combat défendaient notre liberté et notre intégrité. »
Une riposte en préparation
En réponse à cette attaque, l’armée camerounaise a immédiatement lancé une vaste opération de ratissage pour traquer les responsables et neutraliser les foyers terroristes dans la région. Le gouvernement a également renforcé la coopération avec les pays voisins dans le cadre de la Force Multinationale Mixte, qui lutte depuis 2015 contre Boko Haram et d’autres groupes extrémistes. Dans tous les cas, l’attaque de Wulgo restera gravée dans les mémoires comme l’un des épisodes les plus meurtriers de la lutte contre Boko Haram.
Cependant, cette attaque soulève des questions sur les moyens de défense alloués aux troupes sur le terrain. Les soldats en première ligne manquent souvent d’équipements modernes face à des adversaires de plus en plus armés. Le manque de rotation des effectifs et les conditions de vie difficiles dans ces zones de conflit minent le moral des troupes, un problème souligné par de nombreux analystes militaires.
Un appel à la mobilisation nationale
Au-delà des réponses militaires, cette tragédie interpelle toute la nation camerounaise. La lutte contre le terrorisme ne peut être gagnée sans une implication collective, une amélioration des conditions des soldats et un renforcement des moyens de renseignement. Il est temps pour les autorités de prendre des mesures concrètes pour éviter que de telles tragédies ne se reproduisent. Car derrière chaque matricule gravé sur une stèle, il y a un rêve envolé, des parents en larmes, un pays en colère.
Étienne TASSÉ