Cameroun 2025 : le FMI redoute de sombres perspectives économiques

Cameroun 2025 : le FMI redoute de sombres perspectives économiques

 Le Cameroun se projette vers le second semestre de l’année avec un mélange d'appréhension et d'attentes. Alors que la reprise économique se dessine timidement, de sombres nuages s'amoncellent à l'horizon. La corruption endémique, les failles de gouvernance et l'ombre de l'élection présidentielle d'octobre 2025 jettent une lumière crue sur les défis titanesques qui se dressent devant le pays. Le citoyen lambda, pris en étau entre la dure réalité du quotidien et les promesses d'un avenir meilleur, observe avec une inquiétude grandissante.

Le Fonds Monétaire International (FMI), oracle des temps modernes, a rendu son verdict : « La reprise économique se poursuit, mais la croissance reste timide. Les faiblesses structurelles et de gouvernance, les conflits internes persistants et les préoccupations sécuritaires, les tensions sociales autour de l'élection présidentielle d'octobre 2025 et les aléas climatiques continuent d'entraver les perspectives de croissance. » Ces mots, tels des couperets, révèlent la fragilité de l'édifice économique camerounais. En d'autres termes, l'économie camerounaise progresse, mais elle est minée par des défis majeurs.

En effet, la croissance du PIB est estimée à 4 % en 2025, insuffisante pour réduire significativement le taux de chômage et améliorer les conditions de vie des populations. L'inflation, bien que légèrement en baisse, demeure une menace pour le pouvoir d'achat des ménages.

Une gouvernance économique gangrenée par la corruption

La corruption, ce cancer qui gangrène l'administration, et la mauvaise gouvernance, cette boussole déréglée qui égare les politiques, sont les principaux freins au développement du Cameroun. Elles détournent les ressources, étouffent l'initiative privée et minent la confiance des investisseurs. Le Cameroun tangue au gré des scandales et des malversations.

Le FMI insiste sur la nécessité de renforcer la transparence dans la gestion des fonds publics et de mettre en œuvre des réformes pour limiter les pratiques frauduleuses. Le manque de contrôle et d'imputabilité des dirigeants empêche une redistribution équitable des ressources et freine les investissements étrangers.

Le citoyen camerounais, victime collatérale

Derrière ces chiffres et ces analyses, ce sont les Camerounais qui paient le prix fort. Ils sont les premiers à subir les conséquences de cette situation délétère. Le coût de la vie ne cesse d'augmenter, le chômage des jeunes atteint des sommets alarmants et les infrastructures de base, notamment l'électricité et l'eau potable, restent largement déficientes. L'accès aux services essentiels, tels que la santé et l'éducation, sont un luxe pour beaucoup.

Donc, les manquements de l'État dans la garantie des droits économiques et sociaux des citoyens sont patents. L'article 11 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC),  stipule que "toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour elle-même et sa famille, y compris une alimentation, un vêtement et un logement suffisants". Ce pacte ratifié par le Cameroun est bafoué  chaque jour. Le Cameroun, tel un élève indiscipliné, ignore les leçons de la communauté internationale.

L’élection présidentielle, une source d'angoisse

L'échéance électorale de 2025, au lieu d'être une promesse de renouveau démocratique, se transforme en une source d'angoisse. Les tensions sociales, tel un volcan en éruption, menacent de déstabiliser le pays, prévient le FMI. Le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), parti au pouvoir, devra présenter un programme à la hauteur des enjeux, un programme qui ne se contente pas de promesses creuses, mais qui offre des solutions concrètes aux maux qui rongent la société camerounaise.

Le droit à  une vie décente bafoué

L’opposition a-t-elle des solutions alternatives pour s’en sortir? Oui, répond le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), qui propose un programme économique ambitieux et pragmatique pour transformer le pays. Il préconise une rationalisation de l’administration publique et une maîtrise des effectifs afin d’optimiser les dépenses de l’État. La lutte contre la corruption et la promotion de la bonne gouvernance sont des priorités, avec une restructuration des institutions de contrôle. 

Le MRC mise sur la modernisation de l’économie, en soutenant l’industrialisation, l’agriculture et l’entrepreneuriat, tout en diversifiant les revenus grâce au numérique et aux énergies renouvelables. Le plan inclut également un investissement massif dans les infrastructures et le capital humain, une politique sociale réduisant les inégalités, ainsi qu’un renforcement de la production locale pour limiter les importations. L’objectif est d’encadrer l’investissement étranger pour qu’il bénéficie réellement aux populations. 

Pour le moment, les perspectives économiques du Cameroun en 2025 se dessinent en pointillé. Les défis sont immenses, mais les opportunités existent. Il est temps pour le pays de choisir son destin : sombrer dans le chaos ou embrasser le changement. L'élection présidentielle de 2025 sera un tournant décisif. 

Etienne TASSE