Cameroun: L’Etat et la société civile unis pour écrire l’avenir des droits humains

Cameroun: L’Etat et la société civile unis pour écrire l’avenir des droits humains

Le 27 février 2025, l'hôtel Mont Fébé de Yaoundé a été le théâtre d'un ballet d'acteurs de la société civile, réunis pour façonner l'avenir des droits de l'homme et de la gouvernance au Cameroun. Cet atelier de consultation, orchestré par la Commission des Droits de l'homme du Cameroun (CDHC) en partenariat avec le ministère de la Justice (MINJUSTICE), avait pour ambition de recueillir les contributions des organisations de la société civile (OSC) en vue de la finalisation du Rapport unique du Cameroun. Ce rapport, couvrant les 7e, 8e et 9e rapports périodiques, s'inscrit dans le cadre de la Charte africaine des Droits de l'homme et des peuples, ainsi que de quatre autres instruments juridiques clés.

Le 27 février 2025, l’hôtel Mont Fébé de Yaoundé a servi de cadre à une rencontre historique entre l’État camerounais et les organisations de la société civile (OSC). Sous l’égide de la Commission des Droits de l’homme du Cameroun (CDHC) et du ministère de la Justice (MINJUSTICE), cet atelier avait pour mission de recueillir les contributions des OSC en vue de finaliser le Rapport unique du Cameroun. Ce document, qui couvre les 7e, 8e et 9e Rapports périodiques au titre de la Charte africaine des Droits de l’homme et des peuples (ChADHP), est bien plus qu’un simple exercice bureaucratique. Il s’agit d’un miroir reflétant les avancées et les défis du Cameroun en matière de droits humains, de démocratie et de gouvernance.

Depuis son adhésion à la Charte africaine des Droits de l'homme et des peuples en 1989, le Cameroun s'est engagé à soumettre des rapports périodiques annuels sur l'état de mise en œuvre de ces instruments juridiques à la Commission africaine des Droits de l'homme et des peuples (CnADHP). Le rapport en cours d'élaboration englobe, outre la Charte, des instruments tels que le Protocole de Maputo relatif aux droits des femmes, la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance (ChADEG), la Convention de Kampala sur la protection et l'assistance aux personnes déplacées, et le Protocole relatif aux droits des personnes handicapées.

La ChADEG, boussole pour la démocratie camerounaise

Adoptée le 30 janvier 2007 et ratifiée par le Cameroun le 16 janvier 2012, la ChADEG incarne les aspirations du continent en matière de démocratie, de gouvernance et de respect des droits de l'homme. Elle promeut des principes tels que l'État de droit, la tenue d'élections libres et transparentes, et la participation citoyenne. Dans le contexte politique actuel du Cameroun, marqué par des interrogations sur la transparence et la crédibilité du processus électoral, la ChADEG devrait servir  de phare guidant le pays vers une élection  présidentielle calme, au résultat consensuel et respectueux des institutions.

La société civile comme vigie de la démocratie

La participation des OSC à cet atelier témoigne de leur rôle essentiel dans la promotion et la protection des droits de l'homme. Elles agissent comme des sentinelles, dénonçant les violations, sensibilisant les populations et contribuant activement à l'élaboration des politiques publiques. Leur implication garantit que le rapport reflète fidèlement les réalités du terrain, assurant ainsi une meilleure appropriation des recommandations par tous les acteurs concernés.

Dans son discours d’ouverture,  James Mouangue Kobila, le Président de la CDHC, a salué le travail des OSC qui « constituent de nos jours un maillon essentiel de la chaîne de promotion et de protection des droits de l’homme. Le rôle des OSC camerounaises est unanimement reconnu. Leur engagement dans les domaines variés des droits de l’homme, permet de prendre et de relayer le pouls des personnes, des groupes, des communautés, de ceux dont elles portent les revendications et pour lesquelles elles agissent au quotidien ». 

Les contributions des OSC ont enrichi le rapport, intégrant des perspectives nouvelles et des recommandations pertinentes. Les discussions ont également renforcé le dialogue entre le gouvernement, la CDHC et la société civile, jetant les bases d'une collaboration accrue pour la mise en œuvre des engagements internationaux du Cameroun. Cet atelier illustre la volonté du pays de naviguer vers une gouvernance plus transparente, inclusive et respectueuse des droits de tous ses citoyens.

Vers une mise en œuvre effective des engagements

La finalisation de ce rapport unique n'est qu'une étape dans le voyage du Cameroun vers une démocratie consolidée. Les défis restent nombreux, mais avec une société civile engagée, des institutions réceptives et un cadre juridique solide comme la ChADEG, le pays dispose des outils nécessaires pour tracer une voie lumineuse vers une gouvernance exemplaire.

En somme, l'atelier du 27 février 2025 a été une pierre angulaire dans l'édifice démocratique du Cameroun, démontrant que lorsque tous les acteurs unissent leurs forces, il est possible de construire un avenir où les droits de l'homme et la bonne gouvernance ne sont pas de simples idéaux, mais une réalité tangible pour chaque citoyen.

Béatrice KAZE

Etienne TASSE